dimanche 26 janvier 2014

Du maintien de la diversité des commerces de proximité




Cela fait plusieurs fois que je vois dans les rues de Paris ces panneaux. Il s'agit d'une politique résolument volontariste de la Ville de Paris dénommé "vital quartier" pour éviter la mono activité dans certains quartiers et maintenir  des commerces de proximité (et donc des habitants et des familles).

Carte des secteurs concernés - APUR / SEMAEST

"La Ville de Paris a confié à la SEMAEST une mission innovante appelée Vital'Quartier, en faveur du développement du commerce de proximité. Cette mission consiste à favoriser et accompagner l’activité économique, dans 11 secteurs touchés par la mono-activité et/ou par la vacance commerciale. Dans le Quartier Latin, il s’agit de préserver la présence historique de commerces culturels et notamment des librairies.
Unique en France, Vital'Quartier développe un nouveau métier qui vise à :
  • fournir aux habitants une offre de services de proximité de qualité, notamment des commerces alimentaires,
  • enclencher sur le long terme une dynamique de diversité commerciale et économique en harmonie avec la vie des quartiers,
  • améliorer la qualité de vie des habitants des secteurs concernés.
Les missions de la SEMAEST
Dans le cadre de cette mission, la SEMAEST s’est vue déléguer le droit de préemption urbain de la Ville Paris afin d’acquérir des murs de locaux commerciaux dans les 11 secteurs prédéfinis. L’objectif est d’y installer des commerçants de proximité à des loyers compatibles avec leur activité. La Ville de Paris apporte des moyens financiers à la Semaest sous forme d’une avance de 57,5 M€ pour Vital’Quartier 1 (2004-2015) et de 34 M€ pour Vital’Quartier 2 (2008-2021), remboursables à la fin de l’opération. A terme, l’opération prévoit que la Semaest vende ses locaux à leurs occupants ou à une filiale foncière, pour rembourser l’avance consentie par la Ville. Dans le cas du quartier latin, la Ville de Paris sera propriétaire des locaux en fin d’opération.

A fin 2012, la SEMAEST maîtrise 372 commerces, soit une superficie de près de 40 000m².
Les avantages de Vital'Quartier pour les commerçants
Les locaux loués par la Semaest sont réhabilités et entièrement remis aux normes. De plus, il s'agit de locations pures, c'est-à-dire sans « pas de porte », aucune caution bancaire (3 mois seulement de dépôt de garantie) et dans certains cas, la Semaest peut consentir au locataire une progressivité de loyers. Une franchise de loyer est généralement accordée afin de couvrir les premiers frais d’installation.

En parallèle, la Semaest propose à ses locataires des formations, des animations commerciales et la possibilité de bénéficier d’audits, d’accompagnement et de facilités d’accès au crédit. L’objectif est d’aider les commerçants dans la pratique quotidienne de leur métier."

Exemple d'annonce pour un commerce rue du Faubourg Saint martin
C'est une réponse forte à la dévitalisation des centres villes. Je ne sais pas à quel point c'est faisable mais une idée serait de transposer ce genre de démarche dans les villes moyennes et petites villes avec un territoire élargit. Par exemple dans le Grand Bergeracois, que je connais bien. Pour la ville de Bergerac, 25 000 habitants, nous en sommes à 2 Leclerc, 1 Carrefour, 1 Intermarché, 2 Macdo, 1 Décathlon... De manière assez logique, le centre historique de Bergerac se vide de ses commerces de proximité au profit au mieux de boutiques pour touristes, mais c'est surtout dans les petits centres bourgs que l'activité se réduit à peau de chagrin.  Il pourrait être intéressant de mettre en place une politique de maîtrise du développement des grandes surfaces qui pullulent à l'échelle du Pays du Grand Bergerac et mettre en place une politique volontariste de maintien de l'activité de commerce de proximité pour ne pas devenir comme Sarlat par exemple qui n'est aujourd'hui qu'un grand amas de boutiques touristiques de produits du Périgord: foie gras, magrets...  

Encore une fois, il est plus aisé de mettre en place ce genre de politique dans une ville comme Paris avec un seul interlocuteur: la mairie, des moyens financiers et techniques et enfin, une pression foncière forte.   Enfin, dans ma rue, je vais avoir une boucherie qui manquait, j'en suis ravi.

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