lundi 9 mai 2011

Du printemps arabe

 
Dans un article du mois d'avril du monde diplomatique, Samir Aita, rédacteur en chef du journal dans le monde arabe présente une analyse qui je rejoins en partie sur les révolutions arabes. Au delà de la rhétorique propre à ce mensuel sur les méfaits du capitalisme, il met en avant les enjeux de ce mouvement tels que je les perçois à travers mon expérience de vie dans un pays arabe (Egypte) et les retours des différentes relations dans le Maghreb. C
"Les fondements du « printemps » sont à rechercher bien au-delà des seules revendications pour les libertés publiques et la démocratie. C’est par l’économie politique que s’explique le rejet de cette « exception arabe », à laquelle le nouveau réveil veut mettre fin : des régimes autoritaires et stables depuis les années 1970. (...) 
Il y a bien sûr les services de sécurité que ce pouvoir contrôlait directement et qui échappaient à toute supervision. (...) Mais il a bien fallu financer ces appareils tentaculaires, tout comme les différents réseaux clientélistes insérés dans les partis uniques ou inféodés. (...)

Il évoque ensuite les évolutions de l'économie vers une cleptocratie organisée au plus haut de l'état et une collusion des milieux affairistes au détriment de la "base de la pyramide sociale (...) un tiers des actifs sont employés dans le secteur informel, (...) un tiers sont employés dans le secteur privé formel: (...) travailleurs indépendants, salariés sans "contrat de travail".

Une des grandes causes de la révolte des pays arabes telle que la perçois tient au delà du combat pour la liberté légitime et primordiale. Elle trouve ses racines dans la confrontation d'une majeure partie de la population pour une grande partie éduquée à un plafond de verre qui empêche l'ascenseur social au profit d'une minorité privilégiée pratiquant le clientélisme, la corruption et les conflits d'intrêts à grande échelle. 

Cette situation aussi bien en Egypte qu'en Tunisie était devenue tellement voyante, arrogante et injuste que le couvercle de la marmite devait explosé. Les scènes de vie du Caire où les grosses mercedes-benz se mêlaient aux employés des secteurs informels vivant de rien en garant des voitures et dormant en famille dans des pièces sans fenêtre dans un parking sous terrain ont marqué mon esprit tout comme les distributions de pains subventionnés. 

L'enjeu de la transition en cours sera de modifier en profondeur ce système politico-économique scélorosé et liberticde pour décloisonner cette société. Les  premiers remplaçants  des dirigeants déchus sont issus du même sérail et surtoui de la même génératon. La transition est à peine au début du gué. Il sera intéressant de voir comment un mouvement bien réel mais privé de partis politques ou de syndicalisme structuré et fort (par ce que les régimes autoritaires n'ont pas permis de se développer) pourra continuer à agir sans se faire confisquée ce maginifique mouvement

Attendons et soyons vigilants, je n'ai pas encore saisi non plus la profondeur au sein de la société de la révolte. La place Tahrir au Caire à rassembler 100 000 manifestants et plus mais ce n'est pas grand chose à l'échelle d'une agglomération de 17 millions d'habitants. Le référendum auquel l'ensemble de l'opposition à appeler à voter non a eu 70% de oui avec une participation exemplaire. Quel est le rôle de l'islam et des imams dans cette évolution?

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