vendredi 15 novembre 2019
dimanche 22 septembre 2019
Le voyage de Gagarine à Ivry
Quelque part dans la banlieue rouge, entre la voie ferrée et un terrain vague, Le voyage de Gagarine nous projette dans les étoiles du passé d'ici et d'ailleurs, le brutalisme soviétique et l'histoire des banlieues de ces soixante dernières années.
Quand le réalisme socialiste se confronte au village monde de l'immigration sous l'oeil intimidant du héros soviétique qui a inauguré la cité en 1963 (quel évènement ! voir le premier homme de l'espace, soviétique, à Ivry!)
7 étages et leurs appartements pour 50 artistes qui nous font voyager dans ce vaisseau amiral échoué et nous racontent ce lieu et ses habitants pour un bel hommage.
A venir un long métrage sur l'histoire de la destruction de la cité, la bande annonce ici.
Mais aussi pour aller plus loin, le reportage de Télérama.
La dernier avatar, PNL qui a valorisé une dernière fois la cité! et la boucle est bouclée.
dimanche 1 septembre 2019
Les murs du pouvoir rencontres d'Arles
Très belle exposition aux Rencontres d'Arles, "les murs du pouvoirs" où l'on revisite le cynisme de tous les peuples et gouvernements européens qui continuent à ériger des murs: entre les communautés, contre les migrants, pour empêcher les journalistes de rentrer ou les citoyens de sortir de leur pays, pour cacher la misère façon potemkine.
Triste réalité que l'actualité nous rappelle presque tous les jours, les murs anti migrants. Un ancien article sur le sujet qui nous rappelle que l'histoire bégaye 20 ans après la chute du mur de Berlin.
Au delà des images toujours aussi dramatique de la crise des migrants, le plus marquant a été pour moi les murs de ghetto roms au sein même de l'union européenne ou la résurgence de murs "pour faire du sport" qui enferme et cache la communauté nom.
Les murs qui ne disent pas leur nom ou comment les quartiers sensibles français deviennent des ghettos de fait.
Version numérique du mur ou comment street view floute les ambassades américaines.
La frontière russe à travers le projet journalistique et artistique VOYAGE AUX PORTES DE L'EX-EMPIRE SOVIÉTIQUE. Une frontière qui se cache autant pour les étrangers que pour ne pas montrer qu'elle enferme les citoyens. Toujours en Russie, on découvre que le village à proximité du camp d'entraînement de l'équipe de France de football lors de la dernière coupe du monde avait été caché derrière un mur cache misère Potemkine.
Migrants syriens franchissent des barbelés
A l'enclave espagnol de Ceuta
Triste réalité que l'actualité nous rappelle presque tous les jours, les murs anti migrants. Un ancien article sur le sujet qui nous rappelle que l'histoire bégaye 20 ans après la chute du mur de Berlin.
En irlande du nord
Au delà des images toujours aussi dramatique de la crise des migrants, le plus marquant a été pour moi les murs de ghetto roms au sein même de l'union européenne ou la résurgence de murs "pour faire du sport" qui enferme et cache la communauté nom.
Les murs qui ne disent pas leur nom ou comment les quartiers sensibles français deviennent des ghettos de fait.
Version numérique du mur ou comment street view floute les ambassades américaines.
La frontière russe à travers le projet journalistique et artistique VOYAGE AUX PORTES DE L'EX-EMPIRE SOVIÉTIQUE. Une frontière qui se cache autant pour les étrangers que pour ne pas montrer qu'elle enferme les citoyens. Toujours en Russie, on découvre que le village à proximité du camp d'entraînement de l'équipe de France de football lors de la dernière coupe du monde avait été caché derrière un mur cache misère Potemkine.
"Un pays entoure de mur ne ferait que s'enfermer lui même" dit Barack Obama, une société qui s'érige en citadelles fermées ne fait que se scléroser.
dimanche 17 mars 2019
vendredi 4 janvier 2019
Le Monde - Edgar Morin : « Il manque une pensée directrice au mouvement des “ gilets jaunes ”»
Edgar Morin : « Il manque une pensée directrice au mouvement des " gilets jaunes "»
En s'opposant à la taxe carbone, le mouvement des « gilets jaunes » se montre aveugle à ce qui peut être leur salut : l'élaboration d'une politique écologique multiforme, estime le sociologue dans une tribune au « Monde ».
En s'opposant à la taxe carbone, le mouvement des « gilets jaunes » se montre aveugle à ce qui peut être leur salut : l'élaboration d'une politique écologique multiforme, estime le sociologue dans une tribune au « Monde ».
| 04.12.2018 à 07:00
Tribune. La jaunisse est le signe d’une crise de foie. Les « gilets jaunes » sont le signe d’une crise de foi. Crise de la foi dans l’Etat, dans les institutions, dans les partis, dans la démocratie, dans ce que les partis appellent le système tout en faisant partie du système. L’irruption soudaine de ce mouvement imprévu, son ampleur, ses désordres, puis les violences du samedi 1er décembre nous obligent à réviser les modes de penser prééminents sur notre société, sur sa civilisation, sur leurs carences et misères tant physiques que morales, sur notre République, sur notre présent, notre avenir et à repenser notre politique. La longue apathie de nos concitoyens devant les multiples restrictions et suppressions appelées réformes donnait l’illusion de l’acceptation ou de la résignation. Alors qu’une fois de plus un feu couvait dans le sous-sol d’un édifice qu’on croyait stable, et la taxe carbone a fait la brèche qui l’a déchaîné. Le caractère spontané du mouvement, son caractère inédit et sa diffusion par les réseaux sociaux ont fait sa réussite initiale. Le « gilet jaune » a soudain changé de fonction. Il est devenu étendard de révolte. Pas de responsable, pas de chef, pas de structure, pas d’idéologie, ce qui a permis de rassembler les mécontentements, déceptions, frustrations, colères diverses et hétérogènes, du retraité au cultivateur, du membre du Rassemblement national au jeune urbain insoumis.
Handicap
Mais cette force initiale est devenue un handicap au moment où il fallait annoncer sinon un programme du moins une orientation pour des réformes, et non des suppressions fiscales ou la démission du président. Certes des revendications multiples formulées à travers des voix diverses comportent des suggestions pertinentes mêlées à des idées farfelues. Mais il manque totalement une pensée directrice et une telle pensée conduirait à un éclatement entre les composantes hétérogènes d’un mouvement où les colères unies contre le pouvoir, sont en fait antagonistes entre elles. Donc tout ce qui a fait la réussite du mouvement risque de le conduire à un échec final. Ce mouvement spontané est évidemment infrapolitique à sa source, mais son caractère déstructuré a suscité le parasitage des partis politiques d’opposition, en même temps que celui des casseurs de tous poils qui ont eu le temps de bien préparer leur agression le 1er décembre. Ce mouvement est aussi au départ supra politique car il fait appel à la morale et à la justice dans un pays où le pouvoir favorise les déjà favorisés et défavorise les déjà défavorisés.
Il s’agit d’une énorme crise de civilisation et d’une énorme crise de l’humanité suscitée par la mondialisation déchaînée
Ce mouvement est aussi au départ de nature non violente, bien qu’usant de contraintes sur la circulation urbaine ou routière, mais la violence inouïe des casseurs, puis la violence qui en divers lieux cassait les casseurs, ont dégradé le 1er décembre et risquent de ruiner le mouvement des gilets jaunes. A moins qu’advienne, chez eux et en dehors d’eux, une prise de conscience au-delà des revendications, et l’esquisse d’une voie pour notre société. La prise de conscience est de comprendre que l’obstacle majeur n’est pas dans le pouvoir du président et du gouvernement, il est dans le pouvoir multiforme du profit qui a colonisé ce pouvoir. Enfin le seul avenir de ce mouvement, s’il est encore concevable, aurait été de se doter d’un diagnostic pertinent sur les causes d’un mal qui certes a ses spécificités françaises, mais est plus général : la dégradation n’est pas seulement celle de la biosphère, elle est celle de la sociosphère, celle de l’anthroposphère, celle de la noosphère (sphère des activités de l’esprit) : il s’agit d’une énorme crise de civilisation et d’une énorme crise de l’humanité suscitée par la mondialisation déchaînée.
Une politique de civilisation
Paradoxalement le mouvement, en s’opposant à la taxe pro-écologique, du reste brutalement assénée, s’est trouvé aveugle à ce qui constitue le salut : la lutte pour la régénération de la biosphère, la dépollution des villes, la revitalisation des terres par une agriculture fermière et bio. Cela dit, il me paraît que si le gouvernement avait voulu saboter la cause écologique, il n’aurait pu faire mieux. Car le salut est d’indiquer la voie pour une politique nouvelle orientée par la volonté de dépolluer non seulement les sources d’énergies, mais nos villes, nos sols, notre atmosphère, notre alimentation, nos vies et qui prendrait le traitement du grand problème écologique multiforme comme source de régénération. Par là même serait refoulé progressivement le pouvoir hégémonique et incontrôlé du profit. Cette voie nouvelle comporterait une politique de civilisation, laquelle réduirait progressivement les carences de notre civilisation et en développerait progressivement les vertus. Nicolas Hulot a été contraint de démissionner devant la formidable résistance du pouvoir financier, des institutions, des esprits de nos gouvernants. Les « gilets jaunes » n’ont combattu que les symptômes, non les causes. Nous verrons si apparaît une possibilité d’évolution positive dans ce sens ou s’il ne faudra pas construire autrement et ultérieurement une voie d’avenir.
Edgar Morin (Sociologue et philosophe)
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