Selon les mythes, Mycènes a été fondée par Persée qui a demandé aux cyclopes de construire les murailles qui sont restés comme les murs cyclopéens.
C'est le site de la capitale d'Agamemnon, rois les de rois de toute la Grèce dans l'Iliade. Il a lancé l'expédition contre Troie à la tête des Achéens. Le mythe est tragique et la famille d'Agmemnon a été marquée par le malheur et s'est querellé avec les dieux de génération en génération (autres temps autres moeurs, il a sacrifié sa fille Iphigénie pourrait apaiser Artémis qu'il avait offensé et faire resouffler le vent et partir à la conquête de Troie...).
Le site est sublime où l'on domine la plaine fertile et on voit la mer au loin vers Nauplie.
Le site en lui même se présente comme un promontoir à flanc de colline.

Nous avons été transportés dans la mythologie qui se confond avec l'histoire et les lieux où avoir le sentiment de pénétrer dans la géographie d'un des plus beaux récit de l'histoire.
Nous avons passé la fin d'après midi et la nuit à Nauplie.
Petites incartades par rapport à l'époque de la Grèce antique, Nauplie est une synthèse harmonieuse des époques byzantine, vénétienne et ottomane. En 1032, Nauplie est le lieu d'une importante victoire navale de l'amiral byzantin Nikephoros Karantinos sur une flotte arabe
La ville est charmante si il en est, ce qui nous fait oublier les massacres qu'elle a connu dans les guerres ottomano-vénitiennes. C'est aussi une ville importante dans l'histoire récente grecque au moment de la guerre d'indépendance grecque au 19ème siècle. Nauplie a été la première capitale après l'île d'Egine de la Grèce indépendante.
A ma grande honte, je n'avais retenu que le théâtre en préparant le voyage. C'est avant tout un sanctuaire qui était dédié à Asclépios, dieu guérisseur. Alors que le principe originel était de guérir par les songes, le sanctuaire était aussi un lieu avec des "vrais" médecins dans la tension omniprésente en grèce antique entre la rationalité et la magie des dieux. Par extension, c'est un des lieux où s'est inventé la médecine moderne où Hypocrate n'est pas loin. Comme dans la plupart des lieux que nous avons visité, des épreuves sportives et théâtrales étaient organisées.
Le théâtre est mondialement connu avec une accoustique assez bluffante (testée par tous les groupes qui visitent) et l'arrière de la scène ouvre sur un magnifique paysage. Contrairement aux théâtres romains, il n'y a pas de fronton à l'arrière de la scène et le théâtre n'était pas fermé.
Encore une lacune dans ma culture, j'ai découvert les tragédies et les comédies s'inscrivaient dans le cadre de concours. Les grands tragédiens Euripide, Eschyle et Sophocle participaient à des concours sur 3 jours avec plusieurs pièces données et un jury populaire (applaudimètre?). Tous les concours contenaient aussi des comédies dont Aristophane est l'auteur le plus connu. Il s'agissait par ailleurs d'une oeuvre collective, il pouvait y avoir jusqu'à 1500 participants pour une tragédie entre les choeurs, les techniciens... Les comédies quand à elles représentent des sources historiographiques largement utilisées par les historiens actuels pour analyser les moeurs et l'opinion public de l'époque.
Je serais bien incapable d'expliquer les nuances entre les différents auteurs, entre l'importance donnée aux choeurs, aux différents personnages et la posture entre volonté des hommes et des femmes à échaper à leur destin et fatalité de la décision des dieux. Nous pouvons simplement dire que les passions humaines sont déjà résumées dans les tragédies que l'on rejoue à l'infini au cours de l'histoire de l'humanité.
Nous avons pris le temps de lire dans le théâtre un extrait d'Antigone de Sophocle en grec ancien dans le texte (maman) et en français (moi), petite coquetterie intellectuelle pour nous transporter dans le temps.
"C'est que Zeus ne les a point faites, ni la Justice qui siége auprès des Dieux souterrains. Et je n'ai pas cru que tes édits pussent l'emporter sur les lois non écrites et immuables des Dieux, puisque tu n'es qu'un mortel. Ce n'est point d'aujourd'hui, ni d'hier, qu'elles sont immuables ; mais elles sont éternellement puissantes, et nul ne sait depuis combien de temps elles sont nées. Je n'ai pas dû, par crainte des ordres d'un seul homme, mériter d'être châtiée par les Dieux. Je savais que je dois mourir un jour, comment ne pas le savoir ? même sans ta volonté, et si je meurs avant le temps, ce me sera un bien, je pense. Quiconque vit comme moi au milieu d'innombrables misères, celui-là n'a-t-il pas profit à mourir ? Certes, la destinée qui m'attend ne m'afflige en rien. Si j'avais laissé non enseveli le cadavre de l'enfant de ma mère, cela m'eût affligée ; mais ce que j'ai fait ne m'afflige pas. Et si je te semble avoir agi follement, peut-être suis-je accusée de folie par un insensé."
Ἀντιγόνη
"οὐ γάρ τί μοι Ζεὺς ἦν ὁ κηρύξας τάδε,
οὐδ᾽ ἡ ξύνοικος τῶν κάτω θεῶν Δίκη
τοιούσδ᾽ ἐν ἀνθρώποισιν ὥρισεν νόμους.
οὐδὲ σθένειν τοσοῦτον ᾠόμην τὰ σὰ
κηρύγμαθ᾽, ὥστ᾽ ἄγραπτα κἀσφαλῆ θεῶν
νόμιμα δύνασθαι θνητὸν ὄνθ᾽ ὑπερδραμεῖν.
οὐ γάρ τι νῦν γε κἀχθές, ἀλλ᾽ ἀεί ποτε
ζῇ ταῦτα, κοὐδεὶς οἶδεν ἐξ ὅτου ᾽φάνη.
τούτων ἐγὼ οὐκ ἔμελλον, ἀνδρὸς οὐδενὸς
φρόνημα δείσασ᾽, ἐν θεοῖσι τὴν δίκην
δώσειν· θανουμένη γὰρ ἐξῄδη, τί δ᾽ οὔ;
κεἰ μὴ σὺ προὐκήρυξας. εἰ δὲ τοῦ χρόνου
πρόσθεν θανοῦμαι, κέρδος αὔτ᾽ ἐγὼ λέγω.
ὅστις γὰρ ἐν πολλοῖσιν ἐς ἐγὼ κακοῖς
ζῇ, πῶς ὅδ᾽ Οὐχὶ κατθανὼν κέρδος φέρει;
οὕτως ἔμοιγε τοῦδε τοῦ μόρου τυχεῖν 465
παρ᾽ οὐδὲν ἄλγος· ἀλλ᾽ ἄν, εἰ τὸν ἐξ ἐμῆς
μητρὸς θανόντ᾽ ἄθαπτον ἠνσχόμην νέκυν,
κείνοις ἂν ἤλγουν· τοῖσδε δ᾽ οὐκ ἀλγύνομαι.
σοὶ δ᾽ εἰ δοκῶ νῦν μῶρα δρῶσα τυγχάνειν,
σχεδόν τι μώρῳ μωρίαν ὀφλισκάνω."
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