samedi 14 mai 2011

De la liberté de porter des T Shirts

Lors de la journée de commémarotion de l'abolition de l'esclavage le 10 mai au jardin de Luxembourg,l' Alliance Noire Citoyenne (ANC) se présente paisiblement à la cérémonie munie d'invitations officielles du gouvernement. Sur des raisons obscures, ces derniers ce font expulser manu militari en raison apparemment de leur tee-shirt avec mentionné « Brigade Anti Negrophobie » par une dizaine de policiers.La vidéo inextenso ci dessous.

 
Scène quotidienne d'une répression policière et orchestrée par l'Etat de la liberté d'expression, si interdire de porter un Tee Shirt devient une norme, les pas qui nous séparent d'une République Bananière s'amenuisent. Je n'ose pas avancer l'idée que c'est en raison de leur couleur de peau que ces manifestants se sont fait refouler. Dans tous les cas, il vaut mieux ne pas avoir quelque chose à revendiquer.

Il est par contre rassurant que notre société ronronne encore sous le capot, ci joint une action menée par le même collectif au stand Guerlain des Galeries Lafayette.


"Indignez vous!"  disait récemment Stephane Hessel.

lundi 9 mai 2011

Du printemps arabe

 
Dans un article du mois d'avril du monde diplomatique, Samir Aita, rédacteur en chef du journal dans le monde arabe présente une analyse qui je rejoins en partie sur les révolutions arabes. Au delà de la rhétorique propre à ce mensuel sur les méfaits du capitalisme, il met en avant les enjeux de ce mouvement tels que je les perçois à travers mon expérience de vie dans un pays arabe (Egypte) et les retours des différentes relations dans le Maghreb. C
"Les fondements du « printemps » sont à rechercher bien au-delà des seules revendications pour les libertés publiques et la démocratie. C’est par l’économie politique que s’explique le rejet de cette « exception arabe », à laquelle le nouveau réveil veut mettre fin : des régimes autoritaires et stables depuis les années 1970. (...) 
Il y a bien sûr les services de sécurité que ce pouvoir contrôlait directement et qui échappaient à toute supervision. (...) Mais il a bien fallu financer ces appareils tentaculaires, tout comme les différents réseaux clientélistes insérés dans les partis uniques ou inféodés. (...)

Il évoque ensuite les évolutions de l'économie vers une cleptocratie organisée au plus haut de l'état et une collusion des milieux affairistes au détriment de la "base de la pyramide sociale (...) un tiers des actifs sont employés dans le secteur informel, (...) un tiers sont employés dans le secteur privé formel: (...) travailleurs indépendants, salariés sans "contrat de travail".

Une des grandes causes de la révolte des pays arabes telle que la perçois tient au delà du combat pour la liberté légitime et primordiale. Elle trouve ses racines dans la confrontation d'une majeure partie de la population pour une grande partie éduquée à un plafond de verre qui empêche l'ascenseur social au profit d'une minorité privilégiée pratiquant le clientélisme, la corruption et les conflits d'intrêts à grande échelle. 

Cette situation aussi bien en Egypte qu'en Tunisie était devenue tellement voyante, arrogante et injuste que le couvercle de la marmite devait explosé. Les scènes de vie du Caire où les grosses mercedes-benz se mêlaient aux employés des secteurs informels vivant de rien en garant des voitures et dormant en famille dans des pièces sans fenêtre dans un parking sous terrain ont marqué mon esprit tout comme les distributions de pains subventionnés. 

L'enjeu de la transition en cours sera de modifier en profondeur ce système politico-économique scélorosé et liberticde pour décloisonner cette société. Les  premiers remplaçants  des dirigeants déchus sont issus du même sérail et surtoui de la même génératon. La transition est à peine au début du gué. Il sera intéressant de voir comment un mouvement bien réel mais privé de partis politques ou de syndicalisme structuré et fort (par ce que les régimes autoritaires n'ont pas permis de se développer) pourra continuer à agir sans se faire confisquée ce maginifique mouvement

Attendons et soyons vigilants, je n'ai pas encore saisi non plus la profondeur au sein de la société de la révolte. La place Tahrir au Caire à rassembler 100 000 manifestants et plus mais ce n'est pas grand chose à l'échelle d'une agglomération de 17 millions d'habitants. Le référendum auquel l'ensemble de l'opposition à appeler à voter non a eu 70% de oui avec une participation exemplaire. Quel est le rôle de l'islam et des imams dans cette évolution?

lundi 2 mai 2011

Cleveland - Ohio

RAS, une ville assez quelqueconque se rapprochant plutôt d'un petit Chicago que de Detroit. La ville a été une des premières ville américaine à subir les conséquences de la désindustrialisation avec appauvrissement de la ville et difficultés financières corrélées.  Le centre ville est peu animé malgré les efforts importants en faveurs de la réhabilitation assez réussis à la suite de la crise industrielle post . On y va des efforts également en faveur des transports publics avec un BRT et des racks pour les vélos accrochés sur devant des bus, je n'avais jamais vu ça ailleurs. Le centre ville est suerrelevée par rapport au Lac et la vallée industrielle qui comprend de très beaux ponts métalliques. Dans les pires années industrielles des années 60, les déchets de la rivière tellement polluée ont déclenché une combustion spontanée qui a mis le feu au port....

Detroit - Michigan - La nature reprend ses droits au coeur de la ville

Detroit Michigan - Vision Panoramique

dimanche 1 mai 2011

Joyeux 1er mai et continuons dans nos convictions


Un rappel que ce jour commémore une grève sanglante en 1886 a Chicago en faveur de la journée de 8 heures qui a été mis en exergue par les mouvements ouvriers européens et mondiaux. Prolétaires de tous les pays unissez vous disait on à l'époque, cette maxime reste a mon sens une réalité très moderne et d'actualité à l'heure de la globalisation, le prolétariat et son exploitation par le capital n'ont fait qu'évoluer dans sa forme et sa géographie rendant plus complexe son fonctionnement, par extension son appréhension appréhension et donc son opposition. Ci dessus une dame d'un âge certain travaillant dans un Mac Donald sur une aire d'autoroute entre Detroit et Cleveland, pouvoir prendre sa retraite à 60 ans c'est bien.

samedi 30 avril 2011

Detroit Michigan - de la déprise de l'urbain


Je voulais voir de moi même, j'y suis et je vis l'expérience urbaine dans ses tréfonds. Détroit est la ville de l'automobile des trente glorieuses, icône triste de la désindustrialisation, de la paupérisation et ethnicisation à outrance du centre par rapport aux banlieues accueillant les classes moyennes et aisées.

Le centre ville est anecdotique, desservi par des grandes autoroutes avec quelques buildings disparates formant un ensemble hétéroclite avec de grandes dents creuses et chose étonnante un people mover (sorte de métro automatique) à voie unique en boucle desservant.... Je ne sais pas très bien vu la pauvreté en activité des zones desservies. On ne retrouve rien d'un centre classique à l'européenne: pas de commerces, pas réellement de bars ou restaurants, on voit quelques casinos (?) et les principales salles de sport de la ville.

Le reste de la ville est une gigantesque trame orthogonale caractéristique des villes américaines  entrecoupées à intervalles réguliers de voies rapides et de voies ferrées utilisées ici uniquement pour le fret, il n'y a pas de transport voyageur ferroviaire à Détroit.

Le reste de l'espace urbain est constitue d'interminables alignements de maison à un ou deux étages caractéristiques des faubourgs américains, séparées les unes des autres avec une petite allée pour garer ça voiture. Marque cruelle et déstabilisante pour le visiteur que je suis, ce tissu urbain représente les stigmates de la paupérisation à outrance de la ville (constituée a 80% de noirs mais regroupant aussi la plus importante communauté arabe d'Amérique). Les maisons sont dans un état de délabrement absolu, beaucoup sont à l'abandon et de vastes espaces de pelouse témoigne de la destruction des autres. On y voit une population rare et dispersée, je retrouve l'usage du vélo et des voitures d'un autre âge au milieu des picks up. On assiste à un phénomène étrange de retour à l'état de nature de fait d'une grande partie de la ville donnant une vision presque champêtre parfois si il n'y avait pas les carcasses de maison parsemées.

Se promener dans Détroit est déroutant pour l'européen que je suis. En l'absence de centre, même secondaire, on peut passer une heure dans sa voiture à parcourir de vastes espaces en cours de déprises avec seulement quelques magasins glauques, des personnes errant dans la rue enchainant zones pavillonnaires en décrépitude, usines abandonnées avec aux intersections, seuls lieux de vie, des stations services ou des fast food franchisés, Mac Do, Taco Shell, Burger King...summum de la junk food. La pauvreté est omniprésente, un libanais rencontre ici m'a confirmé que tout va tellement vite que tu pouvais te retrouver du jour au lendemain à la rue, le stress pour la survie étant omniprésent ( cet homme francophone et francophile m'a peut être donne une vision partiale).

Les riches se concentrent dans les banlieues lointaines et rupin de la peripherie (très ) lointaine dans des grands shopping mall qui sont la réplique de ceux de Dubaï, La Défense ou Shangai. Quelques discussions m'ont montré que ce public fuyait les quartiers défraîchis ou, il est vrai, il ne semble pas bon vivre.

Cette conurbation ancre les pieds dans le réel de la désindustrialisation, jetant une lumière crue sur les difficultés économiques colossales et surtout les laisser pour compte du rêve américain qui s'est déplacé loin de Detroit. J'ai vu mais je l'ai pris dans la face.