Maginifique parc au coeur de Delhi, aéré et propice à la flânerie orné des tombes de l'ère de la splendeur de l'empire Moghol.
Nehru Place
L'inde moderne, qui axe son développement sur les nouvelles technologies de l'information et les développements logiciels. Nehru Place reprend les principes du souk dans une architecture moderne des années 60 appliqués à l'informatique. Très étonnant.
Nous sommes allés à Surat, Vadodara & Ahmedabad, les grandes villes de l’État du Gujarat. Cet état, dont était originaire Gandhi, est assez symbolique des mutations en cours en Inde, mêlant excellence et scènes tout droit sorties d'époques reculées.
L'état connaît une croissance économique très forte impulsée par une politique très volontariste du chef de gouvernement Shri Narendra Modi. Ce dernier s'est tristement illustré au début des années 2000 en appelant au massacre des musulmans du Gujarat sous influence d'un national populisme hindou. Il a été longtemps ostracisé par les puissances occidentales (il reste interdit de séjour en France et il a été longtemps aux Etats Unis et au Royaume Uni).
Afin de regagner en respectabilité, il s'est donné pour mot d'ordre bonne gouvernance et développement économique et vise, semble-t-il, les prochaines élections présidentielles nationales en "vendant" le modèle de développement du Gujarat à étendre à l'ensemble de l'Inde.
L'Inde éternelle
Reste que l'on sent un certain conservatisme culturel et notamment des restrictions religieuses telle l'interdiction de vente d'alcool et une exclusion plus ou moins masquée des musulmans sur les plans économique et vie publique (ils représentent 10% de la population).
Les villes se développent de manière raisonnée (cf un prochain article) mais je retrouve l'image que je pouvais me faire des villes indiennes de taille moyenne (comprendre entre 1 et 8 millions d'habitants).
Dans la rue c'est un l'arche de Noé et l'on voit à peu près tous les animaux au premier rang desquels les vaches qui se promènent en liberté dans toute la ville.
Vadodara, cité la plus petite, est de loin la plus belle avec des magnifiques monuments et le charme désuet des palais de Maharadja. Ahmadabad, centre économique et culturel du Gujarat présente également un beau visage avec un patrimoine en état très délabré mais dont les autorités nous ont dit qu'ils commençaient à prendre des mesures de préservation.
Laxmi Vilas Palace (photo wikipedia)
Dans les bâtiments de la municipalité de Vadodara
L'hotel Maison de Mangadalas Girardharas à Ahmadabad
Devant le bâtiment des chemins de fer de Vadodara
L'inde du 21ème siècle
Les différentes villes du Gujarat connaissent un développement exponentiel porté par l'industrie, les services et l'économie de la connaissance. Un projet de métro devrait venir structurer Ahmedabad et la relier à la ville nouvelle de Gandhinagarh, il est prévu la création d'un CBD pour l'esquisse d'une skyline. La ville développe également un réseau de BRTS, réseau de bus en site propre à haute performance (à l'instar de Curitiba au Brésil).
Ahmedabad connaît également une vie universitaire très dense avec entre
autre l'IIM (Indian Institut of Management) construit sur le modèle des
prestigieuses universités américaines tel le MIT. Ce dernier est le plus réputé d'Inde et a acquis une réputation internationale. Le campus est flambant neuf, je viens d'apprendre à mon retour que le bâtiment central de l'Institut a été dessiné par le grand architecte Louis Kahn au début des années 70. On voit de nombreux étudiants étrangersdéambuler. Les professeurs rencontrés sont d'un très haut niveau, nous avons eu la chance de pouvoir les croiser entre des déplacements en Chine, Japon, Pays Bas, Thaïlande...
On ne se refait pas (et en plus c'est mon métier), nous avons pris le train de Mumbai à Surat, à 270 km au nord.
Nous traversons les différents quartiers de Mumbai pendant 60 km. Il y a des parties vraiment cra cra et d'autres plutôt pas mal.
Sur les quais, je trouve l'ambiance plutôt sereine, très loin de la cohue brouillonne que j'imaginais.
A l'intérieur du train, l'ambiance est relativement paisible. Nous sommes en 2nd class Air Condition (au total, nous avons recensé 9 classes de confort différentes aux prix eux aussi très différents). Il faut dire que dans ce train, nous sommes obligés de réserver comme dans beaucoup des trains express, il n'y a donc pas de gens debout. Le personnel du train fait de nombreux allers retours nous proposant diverses collations que je n'ai pas osé gouter....
Petit plaisir, je peux ouvrir la porte pour admirer le paysage qui est relativement fade à vrai dire. Il s'agit d'une plaine avec des collines au loin. La campagne est très sèche et les champs jaunis. La saison des pluies est en juillet, je ne sais pas trop ce qu'ils peuvent faire en attendant, je ne suis pas sur non plus que cette partie soit très agricole.
Je retrouve le chaos que l'on m'avait décrit lorsque l'on me parler des mégalopoles indiennes.
Mumbai, autrefois appelée Bombay est une mégalopole 22 millions d'habitants qui a connu une croissance exponentielle:
En 1950 2,8 millions d'habitants
En 1970 5,6 millions d'habitants
En 1990 12,0 millions d'habitants
En 2000 17,1 millions d'habitants
En 2011 21,0 millions d'habitants
Capitale économique de l'Inde. La ville s'est développée sur une presqu'ile à l'image de Manhattan, les infrastructures performantes en moins.
Victoria Station
Hall du siège des Chemins de Fer Indiens
Central Station
La ville historique ressemble à un vaste bouchon avec une effervescence dans la rue, mêlant petits commerces, femmes aux saris chatoyants, femmes voilées à la mode burqa, immeubles défraîchis et pollution opaque.
Le reste de la ville est assez indescriptible, on ressent un développement anarchique et des lacunes de planification urbaine. 53% des habitants habitent dans des bidonvilles qui sont résorbés au fur et à mesure. Apparemment les autorités donnent des droits à construire en lieu et place des bidonvilles à la condition de création d'habitats sociaux à destination des plus démunis (ce qui développe une économie de petit service). La circulation est tout simplement cauchemardesque et les temps de parcours à rallonge sont intégrés dans le planning. Deux lignes de métro sont en construction mais la difficulté semble surtout de trouver du terrain disponible pour construire, nous avons pu apercevoir un viaduc en construction pour le métro à une hauteur que je n'avais jamais vu (au moins au niveau du 5 ou 6 ème étage).
Circulation et pollution
Très bonne surprise, je trouve le réseau de train de banlieue plutôt performant est relativement moderne par rapport aux standards que j'imaginais.
C'est (très) tassé aux heures de pointes et impressionnant car les portes restent ouvertes mais les trains sont relativement propres et passent toutes les 3 minutes. Il y a des wagons réservés pour les femmes et deux classes de confort. De manière générale, tous les services présentent un niveau de service très différencié en fonction des niveaux sociaux auxquels ils s'adressent.
Le plus compliqué est de loin, sont les montées descentes. Les portes restent ouvertes de chaque côté tout le long du trajet et le quai change de côté presque à chaque station, il faut bien s'accrocher pour ne pas être éjecté sur la voie, il y a 4000 morts par an sur le réseau. Disons que ce ne serait pas acceptable dans un autre pays que l'Inde en termes de sécurité.
Les évènements récents sur le sort des femmes ont l'air d'avoir marqué les esprits. Je remarques une sous représentation des femmes dans le métro où elles ont des wagons réservés.
Premier aperçu très circonscrit de New Delhi. Nous sommes dans le quartier plus ou moins chic avec des avenues très larges et arborées. C'est difficile de trouver des échoppes qui donnent sur la rue et je trouve que les restaurants sont relativement rares. Pas encore vu vraiment de marché ou ce qui pourrait faire office, les habitudes de vie ont l'air différentes.
Le métro est flambant neuf, propre et efficace. Le plus surprenant sont les contrôles de sécurité à l'entrée à travers un portique et un scan au rayon pour les sacs, aux heures de pointe ça coince. On voit aussi que cela n'a pas été conçu à l'origine, on voit des militaires avec leur arme derrière des tas de sacs de sables dans les couloirs. La peur des attentats à l'air très présente, je ne me rends pas compte de la réalité des choses. La circulation est presque acceptable mais il règne un brouillard persistant qui enveloppe la ville. Quelques jours plus tard alerte à la pollution (voir là)
Pour sortir, nous avons fait un tour dans un très petit quartier étonnant, Hauz Khas Village. petit village phagocyté par la très grande New Delhi, il s'agit d'un quartier branché champignon qui a vu s'empiler des immeubles sur des immeubles dans un enchevêtrement assez indescriptible formant un ensemble assez bizarroïde.
Les dédales de ruelles en 3 dimensions
Le café zéro au 4 ème étage d'un immeuble
A l'intérieur de ce dédale, les restaurants, bars et autres boutiques bobos apparaissent et disparaissent en quelques mois, il faut passer dans un couloir sombre, monter 4 étages pour trouver une terrasse de restaurant. L'espace public est plus que chaotique et les chantiers jouxtent les terrains vagues. C'est très surprenant et c'est apparemment le lieu de sortie de la jeunesse aisée et des indiens occidentalisés en quête de sorties.
Objet de beaucoup de fantasmes, je me lance dans un périple professionnel qui devrait me mener de New Delhi à Mumbai, Surat, Vadodara et Ahmedabad et re New Delhi.
La suite à venir donc.... En attendant, fait rassurant, il y a aussi des biquettes.